Catégorie : Chroniques

  • Comment j’annonce ma surdité en entretien ?

    Voici ce que je disais direct en entretien.

    « Pour info, je suis sourd, accessoirement. »

    Je l’annonçais après m’être présenté pour que la personne en face voie déjà comment je parle et j’entends !

    L’avantage, ce que souvent en entretien, le bureau était calme et j’ai rarement été dérangé par des bruits ambiants.
    Généralement, les personnes parlent assez fort et distinctement.

    Sinon, j’étais obligé de dire d’office que j’étais sourd et je leur faisais part de mes besoins pour passer une entrevue confortable.

    Je me souviens d’un entretien en octobre 2020 quand j’avais eu 4 personnes masquées autour d’une table. Gloups!
    Ils étaient assez éloignés et heureusement à la dernière minute, ils avaient enlevés leurs masques. Ouf ! Tu sais pourquoi ?

    Ils savaient déjà que j’étais sourd. Je l’avais signalé lors d’un contact téléphonique, et même dans ma lettre de motivation. Pourquoi se cacher ?

    Il était pour moi d’être authentique, sincère et transparent. Je sais, parfois cela pouvait me jouer des tours. Néanmoins, j’ai rarement eu des mauvaises surprises.

    Un mauvais entretien

    A part un entretien qui a dû être écourté. Car un problème s’était posé à pause de ma surdité. C’était pour un poste d’éduc spé en foyer pour sdf, en 2009 !
    « Cela va être compliqué Monsieur Laplane. Comment vous allez réagir dans une salle de 50 personnes dont une grande partie est éméchée, bruyante ?
    J’ai bien dû reconnaître que ça allait être difficile ».

    Ensuite, c’est sûr qu’il ne fallait pas que je bosse dans une boîte où il n’y avait pas cette confiance et cette compréhension de la différence.

    En même temps, j’ai souvent postulé dans le secteur médico-social. Les gens sont généralement ouverts et encore, je sais ! Mais j’avais beaucoup plus d’opportunités.

    Bref, en entretien, je disais souvent les avantages que m’apportait ma surdité telle que la capacité d’écoute et d’observation, avec des exemples concrets.

    Finalement, En fonction du courant qui passe avec le recruteur, j’utilise l’humour. Je suis très sensible à l’ambiance de l’entretien. J’essaie de me tenir droit et d’avoir une posture décontracté. Pas trop non plus, je ne m’affale pas sur le siège tout de même !

    Je me souviens d’un entretien pour un poste d’éducateur spécialisé remplaçant. Mon interlocutrice était dos à la fenêtre. Déjà, c’est un mauvais point, mais son bureau était éclairé. Cela a compensé. Après 20 minutes d’échanges, j’aperçus un oiseau dehors. Je fus distrait quelques millièmes de secondes. Tout de suite, je m’excusais.

    Intriguée, elle m’interroge : « Comment allez-vous faire si vous êtes facilement distrait par les oiseaux quand vous accompagnerez les enfants dehors ?  »

    – « Tout simplement, je leur montre l’oiseau !  »

    En gros, pour passer un entretien :

    • Préparer son entretien et connaitre la structure où l’on a un entretien
    •  il est important d’être soi
    • De faire de ton mieux avec ton stress
    • D’utiliser l’humour avec parcimonie
    •  Etre dans l’écoute active et répondre brièvement.

    Tu dirais quoi encore ?

  • Chroniques d’une virée professionnelle de 5 jours

    Bonjour à chacun et chacune,

    C’est ainsi que le mardi 15 octobre, j’ai commencé ma tournée à Orléans. Mon partenaire, Krystof Colliot de l’association l’APIRJSO Couronnerie allait être chargé de m’amener sur les différents lieux de mes interventions. Un très bon accueil et j’ai eu droit à une visite de l’ESAT au siège de l’association qui fut chaleureux.

    Une soirée mémorable

    La première intervention fut à Blois. Une soirée mémorable, non par le nombre de spectateurs qui fut légèrement bas (4 pour être précis, mais par le voyage aller-retour. L’aller nous a valu 1h30 de route à cause des travaux sur l’autoroute. Et le retour,ce fut 2h30 de voyage avec une 1h30 pour faire 4 km en rase campagne suite à une coupure d’autoroute. Pour revenir à mon intervention, la conférence théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd » et la dédicace de mon livre « Sourd et certain » a été riche d’échanges. J’ai du passer mon script à deux personnes car nous n’avions pas trouvé, hélas, d’interprète LSF.

    Le roi Souleymane

    Le lendemain, mercredi 16 octobre, nous partîmes à Saint Amand en Puisaye, très jolie petit village réputé pour ses poteries.  Nous fûmes accueilli au foyer « Petit Pierre », un foyer d’adultes sourds avec handicaps associés. Et je vécu la rencontre du « roi » Souleymane. Je fus marqué par sa jovialité et son dynamisme avec sa surdité et ses difficultés motrices. Il s’est marié avec une des résidentes à la mairie du village. Pourquoi le roi ? Parce qu’il rayonne le village en se promenant dans les rues quotidiennement et en saluant les habitants. Il dégage une sacrée énergie. Il était venu donc me voir jouer avec quelques uns de ses camarades. Je suis intervenu dans une petite cour de la libraire « Les oiseaux de nuit ». Il y avait 25 personnes et ce fut très sympathique au niveau des échanges.

    Une liberté toute relative

    Jeudi 17 octobre, une journée placée sous le signe de la liberté. J’en ai profité pour visiter le centre-ville d’Orléans, sous la pluie.  Une belle découverte. Et le soir, j’ai fait ma troisième intervention au siège de l’APIRJSO la Couronnerie devant une vingtaine de personnes. De très bon retours ont pu arriver jusqu’à mon seul oreille valide.

    Je suis donc reparti enchanté de ma tournée sur Paris pour rejoindre le colloque « Ensemble pour mieux entendre » à la Halle Pajol.

    Au colloque « Ensemble pour mieux entendre »

    Au colloque organisé par le BUCODES et l’ARDDS Ile de France , j’ai pu assister à quelques mini-conférences très intéressantes dans l’amphithéâtre. J’ai joué ma conférence-théâtralisée à la fin de la journée et j’ai bien entendu que le public avait apprécié, grâce à la boucle magnétique et à la transcription écrite.

    Le lendemain, il y avait des tables rondes mais j’ai plus été présent auprès des stands et surtout à la librairie ou j’ai fait une séance de dédicaces à la pause déjeuner avec un autre auteur, Dhafer ayant dessiné Solios.

    Ce fut donc deux jours bien denses avec de belles rencontres lors du colloque. J’espère participer à d’autres forums pour apporter ma pierre à l’édifice sur la compréhension de la surdité dans la vie quotidienne auprès du grand public.